t’as voulu voir Hambourg

Ma belle Hambourg,

Un an plus tôt, j’avais dû écrire un texte sur toi. Je t’avais inventée, je t’avais façonnée, je t’avais contée. Je ne connaissais rien de toi, mais je voulais tout découvrir. Comme une relation à distance, je t’ai ensuite rêvée : pendant cinq longs mois, j’ai attendu de te voir, en vrai.

Hambourg, tu as été mon amour. Je n’avais jamais rien ressenti de tel pour une ville, un endroit. Le coup de foudre a opéré. J’étais à peine sorti de ta gare, avec mon sac sur le dos, ma valise à la main quand c’est arrivé. J’allais vivre chez toi pour quatre mois.

Ces quatre mois ont finalement été sept. Tu m’as retenue. Pour toi, avec toi, j’ai quitté mon copain, parce qu’ici, je me suis fait beaucoup de copains. Un en particulier a compté. Un bel allemand, et intelligent. Mais ici, il n’est pas le sujet.

Quand je parle de toi, je dis que je t’aime, que je suis tombée amoureuse. On me demande alors « mais pourquoi tu ne restes pas? ». Je ne reste pas, parce que pour moi, Hambourg t’es comme un mec et à 21 ans je ne reste pas au même endroit pour un gars. En plus, je sais que toi tu m’attendras.

Hambourg, parler de tes burgers seraient réducteurs, mais pourtant qu’est-ce-que les ai aimés. Les falafels de cinq heures du matin aussi, en sortant de notre quartier préféré. Schanze, tu m’as fait vibrer, chez toi, j’ai bu c’est assuré, mais qu’est-ce j’ai rigolé. Parfois, on finissait sur la Reeperbahn, cette rue atroce qui pue mais qui t’amène dans des sphères de joie, avec des rencontres impromptues et inattendues.

Ton port m’a de suite appelé. Les paysages voisins aussi : briques rouges, canal, Elbphilarmonie, pont en acier, t’es belle belle belle.

Tes quartiers « mainstream », comme ils diraient, m’ont apaisé : ces tags, ces gens tatoués, ces plantes, ces gens percés, ces balcons accueillants, ces gens bons. L’émotion esthétique, qu’est-ce-que je l’ai connue chez toi. Tout me plaisait, tout.

J’ai cru qu’on allait te casser pendant le G20. J’étais là, témoin, en train de me dire : « Ils font quoi à ma ville? stop stop stop arrêtez ». Ils ont voulu te détruire, mais tous tes habitants sont venus réparer, parce qu’ils sont beaux eux aussi. La bienveillance a régné pendant un weekend comme elle a régné pendant les sept mois où j’ai pu voir ça.

Comment parler de toi, sans parler du pourquoi. Mon stage, cette entreprise, ces collègues, ces amis maintenant. Une bière autour d’une partie de baby, un sandwich moza devant l’Alster, des après-midis au parc et une confiance absolue dans mon taf, mes potes, ma vie. Ici, tout est devenu, je suis devenue j’ai enfin eu une idée de la direction dans laquelle je voulais avancer.

Alors Hambourg, c’est avec des yeux humides, des larmes que je veux te remercier. Merci de m’avoir tant apporté. Merci de m’avoir aidé. Merci de m’avoir supporté. Malgré mes démarches bringuebalantes certains soirs, malgré mes journées pourries parfois, malgré la distance avec mes potes de toujours. Chez toi rien ne m’a manqué. Sans toi, tout me manquera.

Isaurement tienne.

 

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